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La Théosophie
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La nature septuple de l’homme

Pour comprendre la réalité de l’âme et la nature profonde, réelle et universelle de l’homme, il est proposé d’envisager l’homme comme une unité septuple.

Dans une première approche l’homme peut être considéré comme de nature triple, « Esprit, âme et corps » comme le propose saint Paul « que votre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit gardé sans reproche… » (1ère Epitre aux Thessaloniciens 4, 23). Mais la nature du corps et de l’âme sont complexes ; et peuvent être sous divisés.

L’étude de la constitution septuple de l’homme va permettre de comprendre, ce qui se réincarne en nous de vie en vie, de déchiffrer le mystère de la mort et progressivement de comprendre le sens profond de la vie par exemple.

Deux extraits de textes sont proposés. L’un tiré de La Clef de la Théosophie de Mme Blavatsky et l’autre de l’Océan de Théosophie de W.Q. Judge :

La Clef de la Théosophie – La nature septuple

L’Océan de Théosophie – La constitution septuple

La Clef de la Théosophie – La nature septuple de l’homme

(Extrait des pages 106 à 109 de La Clef de la Théosophie - © Textes Théosophiques, Paris)

LE THÉOSOPHE — Nous trouvons, tout d'abord, deux êtres distincts dans l'homme — l'être spirituel et l'être physique ; l'homme qui pense et l'homme qui enregistre tout ce qu'il peut assimiler de ces pensées. Nous le divisons, par conséquent, en deux natures distinctes : la supérieure (ou l'être spirituel), qui se compose de trois « principes », ou aspects, et l'inférieure, (ou le quaternaire physique), qui est formée de quatre principes — ce qui nous donne bien, en tout, sept principes.

QUESTION — Est-ce là ce qu'on appelle l'Esprit et l'Âme, d'une part, et l'homme de chair, d'autre part ?

LE THÉOSOPHE — Non. Ceci est l'ancienne division platonicienne. Platon, étant un Initié, ne pouvait pas entrer dans des détails défendus ; mais quiconque connaît la doctrine archaïque retrouvera les sept principes dans les diverses combinaisons de l'Âme et de l'Esprit faites par Platon. Il considérait l'homme comme étant constitué essentiellement de deux parties : l'une éternelle, formée de la même essence que l'Absoluité, l'autre, mortelle et corruptible, tirant ses parties constituantes des dieux « créés », d'ordre mineur. Pour lui, l'homme était composé : 1° d'un corps mortel ; 2° d'un principe immortel ; et 3°  « d'une sorte d'Âme mortelle et séparée ». C'est ce que nous appelons respectivement l'homme physique, l'Âme Spirituelle ou Esprit (Noûs), et l'Âme animale (psuchè). C'est la division qui a été adoptée par Paul (un autre Initié) qui, pour sa part, affirme qu'il existe un corps psychique, semé dans le corruptible (il s'agit en l'occurrence de l'âme astrale, ou du corps astral), et un corps spirituel constitué d'une substance incorruptible. Jacques lui-même corrobore cette assertion quand il dit (III, 15) que la « sagesse » (de notre âme inférieure) n'est pas venue d'en haut, mais qu'elle est terrestre (« psychique » et « démoniaque », comme l'ajoute le texte grec), tandis que l'autre est la sagesse céleste. Bien que Platon, et même Pythagore, ne parlent que de trois « principes », il est si évident qu'ils leur attribuent sept fonctions différentes dans leurs diverses combinaisons qu'il suffit de comparer nos enseignements avec les leurs pour nous en rendre compte. Donnons un aperçu rapide de ces sept aspects au moyen des tableaux suivants [de la division Théosophique] :

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[LE QUATERNAIRE INFÉRIEUR]

Termes sanskrits

Signification exotérique

Explication

(a) Rûpa, ou sthûla
     sharîra

(a) Corps physique

(a) C'est le véhicule de tous les autres "principes" pendant la vie.

(b) Prâna

 (b) Vie, ou principe vital

(b) Nécessaire seulement à a,c,d, ainsi qu'aux fonctions du Manas inférieur qui englobent toutes celles qui sont limitées au cerveau (physique).

(c) Linga sharîra

 (c) Corps astral

(c) Le Double, le corps fantôme.

(d) Kâmarûpa

(d) Le siège des désirs et passions animaux

(d) C'est le centre de l'homme animal, où se trouve la ligne de démarcation qui sépare l'homme mortel de l'entité immortelle.

[LA TRIADE SUPÉRIEURE IMPÉRISSABLE]

Termes sanskrits

Signification exotérique

Explication

(e) Manas - un principe double dans ses fonctions.

(e) Mental, Intelligence ; le mental humain supérieur dont la lumière ou le rayonement unit, durant la vie, la MONADE à l'homme mortel.

(e) L'état futur et la destinée       karmique de l'homme dépendent du devenir de Manas, selon qu'il descend plus bas, vers kâmarûpa, le siège des passions animales, ou qu'il s'élève en gravitant vers Buddhi, l'Ego spirituel. Dans ce dernier cas, la conscience supérieure des aspirations spirituelles individuelles du mental (Manas), assimilant Buddhi, est absorbée par ce principe et constitue l'Ego, qui entre dans la béatitude dévachanique (*).

(f) Buddhi

(f) L'Âme Spirituelle

(f) Le véhicule de l'esprit pur et universel.

(g) Âtma

(g) L'Esprit

(g) Un avec l'Absolu (du fait qu'il en est le rayonnement).

(*)Dans le Bouddhisme ésotérique de M. Sinnett, d, e, et f, s'appellent respectivement l'Âme animale, l'Âmee humaine, et l'Âme spirituelle, ce qui est aussi correct. Bien que les principes soient numérotés dans le Bouddhisme ésotérique, cette numérotation est, strictement parlant, inutile. Seule la Monade avec ses deux aspects (Âtma-Buddhi) peut être considérée comme correspondant aux deux nombres les plus élevés (le 6e et le 7e principes). En ce qui concerne tous les autres, aucune numérotation n'est possible en général, puisqu' on ne doit considérer comme premier que le « principe » qui est prédominant dans l'homme. Chez certains hommes, c'est l'Intelligence supérieure (Manas ou le 5e principe) qui domine, chez d'autres, c'est l'Âme animale (kamarûpa) qui règne par-dessus tout, et manifeste les instincts les plus bestiaux, etc.

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Maintenant, qu'enseigne Platon ? II parle de l'homme intérieur comme étant constitué de deux parties — l'une immuable et toujours identique, formée de la même substance que la Divinité, et l'autre mortelle et corruptible [Voir Timée, 69]. Ces « deux parties » correspondent respectivement à notre Triade supérieure et à notre quaternaire inférieur (voir le tableau). Il explique que, « toutes les fois que l'Âme (psuchè) prend comme allié le Noûs » l'esprit divin ou la substance divine [Paul appelle « Esprit » le Noûs de Platon, mais, puisque cet esprit est « substance » , il s'agit évidemment de Buddhi, et non d'Âtma, qui, au point de vue philosophique, ne peut être en aucun cas qualifié de « substance » . Nous avons inclus Âtma dans les « principes » humains pour ne pas causer plus de confusion. En réalité ce n'est pas un principe « humain », mais le principe absolu, universel, dont Buddhi, l'Esprit-Âme, est le véhicule.]  — « (...) elle mène toute chose avec rectitude et bonheur ; mais si elle s'associe à anoia » — la déraison, ou l'Âme animale et irrationnelle — « c'est tout le contraire qu'elle produit comme effet » [Les Lois, 897 a-b, extraits]. Nous avons donc ici Manas (ou l'Âme en général) sous ses deux aspects : en s'attachant à anoia (notre kamarûpa, l'« Âme animale », dans le Bouddhisme ésotérique), il se précipite vers l'annihilation complète, pour ce qui est de l'Ego personnel ; au contraire, en s'alliant au Nous (Âtma-Buddhi) il se fond dans l'Ego immortel et impérissable, et sa conscience spirituelle de la personnalité qui fut devient alors immortelle.

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L’Océan de Théosophie – La constitution septuple de l’homme

(Extraits du chapitre IV de l’Océan de Théosophie - © textes Théosophiques, Paris]

La grande majorité des hommes disent qu'ils possèdent une âme et un corps et s'en tiennent là, sans chercher à savoir ce qu'est l'âme, si elle est l'être réel, ou si elle a des pouvoirs qui lui sont propres…

Si nous plaçons ainsi l'âme entre l'esprit et le corps, nous sommes très près de devoir examiner la question de la responsabilité de l'âme, le corps seul ne pouvant pas en avoir, et afin de rendre l'âme responsable des actions commises, nous devons admettre qu'elle possède des pouvoirs et des fonctions. A partir de cela, il est facile d'avancer que l'âme peut être rationnelle ou irrationnelle, ainsi que le pensaient parfois les Grecs, et de là il n'y a plus qu'un pas pour arriver à d'autres propositions théosophiques. Cette division triple de la nature de l'homme [esprit, âme et corps] contient, en fait, l'enseignement théosophique de la constitution septuple de l'être humain, car les quatre autres constituants qui manquent se trouvent dans les pouvoirs et les fonctions du corps et de l'âme…Il y a longtemps, on était convaincu que l'homme était un septénaire et non simplement une dualité, et ceci était très clairement enseigné avec des démonstrations à l'appui. Mais, ainsi que d'autres doctrines philosophiques, cette conviction fut perdue de vue, ayant été progressivement retirée à l'époque où les mœurs de l'Europe orientale commencèrent à dégénérer, et avant que le matérialisme joint au scepticisme, son frère jumeau, ne fût devenu prépondérant...

Voici la classification [septuple] :

1° Le corps ou rupa ;

2° La vitalité ou prana jiva ;

3° Le corps astral ou linga sharira 

4° L'âme animale ou Kamarupa ;

5° L'âme humaine ou Manas ;

6° L'âme spirituelle ou Buddhi ;

7° L'esprit ou Atma.

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Cette classification sert encore de nos jours pour tous les usages pratiques, mais elle est susceptible d'être modifiée et étendue. Ainsi, une modification ultérieure dans le classement, plaçant le corps astral au second rang au lieu du troisième, ne change rien en substance. Cette classification donne immédiatement sur la véritable nature de l'homme une idée bien différente de celle vaguement exprimée par les mots " corps et âme ", elle remet aussi nettement en question la conception matérialiste qui considère le mental comme le produit du cerveau, lui-même une partie du corps. On ne prétend pas que ces principes étaient jusqu'ici inconnus, car non seulement les hindous mais maints Européens les comprenaient de différentes manières. Cependant, la présentation concise de la constitution septuple de l'homme, en rapport intime avec la constitution septuple d'une chaîne de globes à travers lesquels l'être évolue, n'avait jamais encore été révélée...

En considérant ces constituants d'une manière différente, nous pouvons dire que si l'homme inférieur est un être composé, dans sa nature réelle l'homme est une unité, ou un être immortel comprenant une trinité d'Esprit, de Discernement et de Mental qui requiert quatre instruments, ou véhicules, inférieurs et mortels, pour travailler dans la matière et recueillir l'expérience que donne la nature. Cette trinité s'appelle Atma-Buddhi-Manas en sanskrit, termes difficiles à rendre en français. Atma est l'Esprit, Buddhi, la plus haute faculté d'intellection, ce qui discerne et ce qui juge, et Manas est le mental. Les trois réunis constituent l'homme réel; sans aucun doute, l'enseignement théologique de la trinité du Père, du Fils et du Saint Esprit doit son origine à cet enseignement. Les quatre instruments inférieurs — ou véhicules - sont indiqués  ci-dessous :

Atma

Buddhi

Manas

Les passions et les désirs

Le principe de vie

Le corps astral

Le corps physique

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Ces quatre constituants inférieurs et matériels sont transitoires et, de par leur nature, sujets à se désagréger et à se séparer les uns des autres. Quand arrive l'heure où cette séparation doit commencer, la combinaison ne peut plus se maintenir, le corps physique meurt, les atomes qui composent chacun des quatre principes commencent à se séparer les uns des autres et, ainsi disloqué, l'ensemble ne peut plus servir d'instrument à l'homme véritable. C'est ce que nous autres mortels appelons la " mort ", mais ce n'est pas la mort pour l'homme réel, car il est impérissable, permanent, immortel. Aussi est-il appelé la triade ou la trinité indestructible, tandis que les principes inférieurs sont dénommés le quaternaire ou " les quatre mortels ".

Ce quaternaire, ou homme inférieur, est produit par les lois et la substance cosmiques ou physiques...

Récapitulons donc, avant d'entrer dans les détails. L'homme réel est la trinité d'Atma-Buddhi-Manas ou Esprit et Mental et il emploie certains agents et instruments pour entrer en contact avec la nature, afin de se connaître lui-même. Ces instruments et ces agents se trouvent dans les quatre principes inférieurs ou le quaternaire. Dans cette catégorie, chaque principe est par lui-même un instrument approprié à l'expérience particulière de son propre champ d'action, le corps étant le plus inférieur, le moins important et le plus transitoire de toute la série. Car, si nous arrivons au corps en partant du Mental supérieur, nous voyons que, privés de l'homme intérieur, tous les organes du corps sont en eux-mêmes insensibles et inutiles. La vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat n'appartiennent pas au corps mais à un autre aspect, invisible, de l'homme physique : car les organes réels qui servent à l'exercice de ces facultés se trouvent dans le corps astral, ceux du corps physique n'étant que les instruments mécaniques extérieurs pour établir la coordination entre la nature et les organes réels intérieurs.

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